02/12/2013

L'équitaxe: 6 000 emplois 2 000 centres équestres 80 000 chevaux menacés

Avec 3 cavaliers et propriétaires dans le groupe, difficile d'ignorer la hausse de la TVA annoncée pour 2014 sur l'activité hippique. Entre manifestations et opérations escargot, le monde équestre se soude derrière leurs bannières.

Depuis maintenant quelques semaines cavaliers, moniteurs, propriétaires descendent en masse dans les rues pour essayer de sauvegarder la TVA à taux réduit pour les activités des centres équestres. 

En effet, le 12 novembre dernier un décret d'abrogation du taux réduit de TVA sur ces activités a été voté. D'après le ministre de l'économie Pierre Moscovici, cette mesure ferait suite à une injonction venue tout droit de Bruxelles. Cette justification est très controversée par les organismes professionnels de la filière équine, car pour ces derniers, Bruxelles a exigé une hausse de TVA à 19.6 sur l'élevage de chevaux; la France ferait donc un excès de zèle en allant jusqu'à augmenter la TVA sur les activités des centres équestres. Par ailleurs, le gouvernement, au printemps dernier, s'était engagé à ne pas augmenter la TVA de façon aussi soudaine. 


 Les passionnés ont également du mal à être convaincus. En effet, dès le 13 novembre la "horde française" s'organise pour s'élever contre cette hausse qui fait passer la TVA des activités hippiques de 7 à 20% au 1er janvier 2014. Rapidement des manifestations se mettent en place à travers la France regroupant cavaliers, propriétaires, gérants de centres équestres et chevaux. Les manifestants ne font pas dans la demi-mesure, des centaines de chevaux et poneys sont conviés aux manifestations. 

Des deux côtés des solutions sont envisagées. En effet, au moment où le gouvernement à adopté le décret, le ministre de l'économie proposait l'ouverture d'un "fond cheval". Mais les explications sont floues et ne permettent pas de convaincre les concernés. L'incompréhension règne au sein de manifestants. Leurs représentants comme Serge Lecompte (Président de la FFE) ont pourtant mis en évidence d'autres solutions aussi bien techniques que juridiques, comme il le dit dans la lettre destinée aux licenciés FFE.



Sa principale proposition est de redéfinir la TVA afin que l'équitation puisse avoir la place qui lui est due. Actuellement seules les activités utilisant les complexes sportifs sont assujettis à la TVA à taux réduit. Or rappelons le, l'équitation est un des seuls sports ne bénéficiant pas d'installations publiques et de subventions. C'est sur ce point que Serge Lecompte et son équipe proposent une modification en créant d'un nouveau cas dans la liste des services faisant objet de taux réduit : "les prestations de services correspondant au droit d'utilisation des animaux à des fins d'activités physiques et sportives, à l'enseignement de ces activités ainsi qu'à la préparation et l'entretien des animaux et des installations nécessaires à l'exercice de ces activités".

La deuxième solution envisagée est la création d'une exception sportive, au même titre que l'exception culturelle qui existe déjà dans les taux réduits. 
Cependant, logiquement, tout cela pourrait ne pas être nécessaire car l'équitation française appartient au patrimoine culturel immatériel de l'UNESCO, et devrait donc bénéficier d'office d'une TVA à taux réduit.

C'est aussi cette équitation que défendent les centres équestres en descendant dans les rues. Car en dehors de l'impact économique évident qu'aura cette hausse, il y a une chose quasiment unique en Europe qui disparaîtra : l'accessibilité à l'équitation. En effet, depuis des dizaines d'années les centres équestres font tout leur possible pour démocratiser l'équitation. Avec cette mesure tout ces efforts seront perdus et l'équitation redeviendra un sport d'élite. 

Mais finalement, ce qui ressort le plus dans le discours des professionnels c'est que le problème n'est pas la hausse en temps que tel, mais la brutalité de l'augmentation de 7% à 20%,  "inadmissible" selon JF De Mieulle dans un article de la Nouvelle République. Effectivement, si l'augmentation s'était échelonnée sur plusieurs années peut-être que les gens ne seraient pas montés sur leurs grands chevaux.

Le combat contre la TVA a pris un nouveau tournant le samedi 23 novembre. En fin d'après midi le Sénat a voté un amendement maintenant le taux réduit. La nouvelle s'est répandu comme une traîné de poudre sur les réseaux sociaux. cependant la Horde Française reste réaliste "la partie est loin d'être gagnée... cela signifie surtout qu'une bonne partie de notre Sénat nous soutient". En effet rien n'est fait cependant le discourt de M. Cazeneuve, qui affirme vouloir "venir en aide au secteur" dans le Figaro, est encourageant.   


En attendant les directives, la Fédération Française d'Equitation et les autres organismes sont clairs : "on ne lâche rien".





Fière and co

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